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Analyseur de lisibilité d’un texte

Mesurez la lisibilité de votre texte avec la formule de Kandel et Moles, l’adaptation française du test de Flesch. Le score, le niveau de difficulté et les pistes d’amélioration s’affichent pendant que vous écrivez.

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Ce que mesure un score de lisibilité

Un indice de lisibilité ne juge pas la qualité d’un texte. Il mesure deux choses, et elles sont purement mécaniques : la longueur des phrases et la longueur des mots. L’hypothèse, vérifiée par des décennies de tests de compréhension, est simple : un lecteur perd le fil d’une phrase de quarante mots, et il ralentit devant un vocabulaire à quatre syllabes. Un texte dont les phrases font quinze mots et les mots une syllabe et demie se lit sans effort ; le même contenu réparti en phrases de quarante-cinq mots impose des relectures.

C’est donc une mesure de forme, jamais de fond. Un texte parfaitement lisible peut être faux, creux ou mal construit. À l’inverse, un article sur la thermodynamique obtiendra un score bas sans être mal écrit : son vocabulaire est long parce que les notions le sont. Le score répond à une seule question, mais il y répond bien : « ce texte est-il trop lourd pour le lecteur que je visais ? »

La formule de Kandel et Moles

Le test de lisibilité le plus utilisé au monde est le Flesch Reading Ease, conçu pour l’anglais à la fin des années 1940. Appliqué tel quel au français, il se montre trop sévère : nos mots comptent plus de syllabes et nos phrases sont plus amples. Liliane Kandel et Abraham Moles en ont publié une adaptation calibrée sur le français, qui reste la référence pour notre langue :

Score = 207 − 1,015 × (mots ÷ phrases) − 73,6 × (syllabes ÷ mots)

Deux variables seulement. Le premier terme pénalise les phrases longues, le second les mots longs. Le résultat tombe presque toujours entre 0 et 100, sans que ces bornes soient garanties : un texte administratif très dense peut descendre sous zéro, et une succession de phrases de cinq mots monosyllabiques dépasser 100.

Le point délicat est le comptage des syllabes. Il repose ici sur les groupes de voyelles et sur l’élision du « e » final, la règle qui couvre la grande majorité des mots français. Pour vérifier un mot précis, passez par le compteur de syllabes.

Lire la grille de niveaux

ScoreNiveauLectorat correspondant
80 et plusTrès facileTexte pour enfants, consigne, mode d’emploi
70 à 80FacileMagazine, infolettre, page d’accueil
60 à 70Assez facilePresse quotidienne, article de blog
50 à 60Assez difficilePresse spécialisée, rapport d’entreprise
30 à 50DifficileArticle universitaire, documentation technique
moins de 30Très difficileTexte juridique, contrat, thèse

Cette grille est un repère de lecture, pas une norme. Pour un site grand public, viser 60 à 70 constitue un bon objectif : c’est le niveau d’un quotidien. Un contenu destiné à des spécialistes peut descendre à 40 sans gêner personne. En dessous de 30, même un lecteur expert doit revenir en arrière.

Remonter un score trop bas

Le levier le plus rentable est toujours le même : la longueur des phrases. Elle est la seule des deux variables que vous pouvez modifier sans toucher au sens. Une phrase de quarante mots contient presque toujours deux idées ; coupez-la au niveau du « et », du point-virgule ou de l’incise, et le score monte de plusieurs points sans qu’un seul mot disparaisse.

Quatre autres gestes fonctionnent :

  • Supprimer les incises. Tout ce qui est entre parenthèses ou entre tirets allonge la phrase sans la structurer. Soit l’information compte et elle mérite sa propre phrase, soit elle ne compte pas.
  • Dénominaliser. « Procéder à la vérification de » devient « vérifier ». On gagne trois mots et quatre syllabes d’un coup.
  • Préférer le verbe actif. « La décision a été prise par le comité » devient « le comité a décidé ».
  • Remplacer les mots longs par leur équivalent court quand il existe : « utiliser » plutôt que « utilisation », « permet de » plutôt que « offre la possibilité de ».

Une fois le texte allégé, deux vérifications complètent l’analyse : la fréquence des mots pour repérer les termes qui reviennent trop, et le temps de lecture pour savoir ce que vous demandez réellement au lecteur. Le compteur de mots reste utile pour tenir une longueur imposée.

Ce que le score ne voit pas

La formule est une approximation statistique. Elle ignore la structure du document, la qualité des transitions, la présence de titres et d’exemples, le fait qu’un terme technique soit défini ou non. Elle ne détecte aucun contresens : un texte absurde découpé en phrases courtes obtient un excellent score. Elle se trompe aussi sur les textes très courts, où une seule phrase fausse toute la moyenne : comptez au minimum cinq ou six phrases pour obtenir une mesure stable.

Traitez donc le résultat comme un thermomètre : il signale un problème, il ne dit pas lequel. Le calcul s’effectue entièrement dans votre navigateur, ce qui permet d’analyser un mémoire, un rapport interne ou un contrat sans qu’aucune ligne ne soit transmise.

Questions fréquentes

Quel score viser pour un texte grand public ?

Entre 60 et 70, le niveau d’un article de presse quotidienne. Cela correspond en pratique à des phrases de quinze à vingt mots et à un vocabulaire courant. Au-delà de 80, le texte risque de paraître infantilisant ; en dessous de 50, une partie du lectorat décroche avant la fin.

Pourquoi mon texte technique obtient-il un mauvais score ?

Parce que la formule ne connaît que deux choses : la longueur des phrases et celle des mots. « Amortissement », « photosynthèse » ou « jurisprudence » font chuter le score alors qu’ils sont les mots justes. Un score bas sur un texte spécialisé n’est pas un défaut ; il indique seulement que le texte n’est pas destiné à tout le monde.

Quelle différence avec le score de Flesch anglais ?

La structure de la formule est identique, mais les coefficients diffèrent : 207 et 1,015 et 73,6 pour le français, contre 206,835 et 1,015 et 84,6 pour l’anglais. Le français paie moins cher ses syllabes, ce qui compense la longueur naturelle de nos mots. Appliquer la version anglaise à un texte français sous-estime sa lisibilité d’une dizaine de points.

Combien de texte faut-il pour une mesure fiable ?

Au moins cinq phrases, idéalement une centaine de mots. Sur trois phrases, une seule phrase longue déplace le score de vingt points. Pour un document entier, analysez aussi quelques paragraphes isolément : la moyenne masque souvent un passage nettement plus lourd que le reste.

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